lundi 10 mai 2010

Des éléphants à Madagascar ?

Lecture intéressante aujourd'hui de la traduction française de l'ouvrage allemand de Hieronymus Megiser "Description véridique, approfondie et détaillée de l'ile de Madagascar" paru en Allemagne en 1609 et publié en version trilingue (reprint du texte allemand + traductions française et malgache) en 1997 par la Société Malgache d'Edition.
On y apprend des tas de choses intéressantes. En voici un extrait :
"L'Ile Saint- Laurent (Madagascar) est un pays très riche et fertile, béni du ciel par toutes sortes d'aliments ; c'est ainsi qu'elle ne manque pas non plus de viande et d'animaux de toutes sortes et de tous genres comme les animaux domestiques, les boeufs, les chèvres, les moutons ainsi que des gibiers, des cerfs, des lièvres, des sangliers, de même des oiseaux, des poules, des canards ainsi que des poissons. On trouve alors chez eux de nombreux animaux exotiques qui sont inconnus chez nous. Et d'abord ils ont beaucoup d'éléphants, c'est pourquoi l'ivoire est exporté en grande quantité dans cette île. Il y aussi un grand nombre de chameaux qui ont dans ce pays-ci une excellente viande que les insulaires consomment volontiers.(...)"
Plus loin l'auteur évoque aussi sérieusement la présence de girafes... Ce texte était-il prémonitoire ? Le récent film d'animation "Madagascar" est en effet plein d'animaux qu'on n'a jamais vus ici... Plus sérieusement il convient de savoir que Hieronymus Megiser n'a jamais approché la côte malgache et que son texte, au demeurant très érudit, a été rédigé à partir des récits de voyages qu'il a lus.
Le livre peut être consulté à la Bibliothèque du CGM et à celle du CCAC. En Europe, je ne sais pas où...



dimanche 9 mai 2010

Athènes-Tana

La présence grecque à Madagascar est déjà attestée dès les premières années de la colonisation française, selon l'édition 1902 du Guide-annuaire de Madagascar et dépendances, imposant ouvrage dans les 759 pages duquel on s'enfouit avec délice.

On compte à cette date 174 Grecs dans l'ensemble du pays, ce chiffre ne comprenant cependant pas les femmes ni les enfants. Le chiffre total est probablement de 30 % supérieur, si on le calcule à partir des seules données complètes disponibles, celles concernant la Province de Tamatave.
Que font ces Grecs ? Une bonne moitié pratique le commerce, de gros ou de détail, 17 % sont employés, en général dans le commerce, 7 % exercent le métier de maçon et la même proportion celui de débitant ou de cafetier, 5 % celui de boulanger et pour le reste on dénombre : 3 mécaniciens, 2 charpentiers, 1 distillateur, 1 pâtissier, 1 forgeron, 1 cuisinier, 1 cordonnier, 1 fondeur-ajusteur, 2 menuisiers, 1 restaurateur, 1 tailleur, etc...
Les données ne sont pas complètes mais donnent une rapide image de la communauté grecque de cette époque. On note qu'aucun métier n'a de rapport avec la mer et que les immigrés se sont massivement tournés vers le commerce soit comme patrons soit comme employés.
Aujourd'hui il ne reste presque plus rien de cette présence à part quelques familles toujours dans les affaires et le commerce.
L'Hôtel Mellis ci-dessous n'appartient plus depuis longtemps à la famille dont il porte le nom.


On peut toutefois visiter la cathédrale orthodoxe grecque, un vieux moine (malgache) très accueillant se fait un plaisir de recevoir les visiteurs.




dimanche 25 avril 2010

Fruits d'avril

Contrairement à ce que ce blog pourrait laisser penser, on ne mange pas que du riz à Madagascar. Sur les hauts plateaux la terre est généreuse, comme le prouvent ces quelques images de fruits prises au cours de notre balade dominicale.

La grenade, un fruit dont la forme est si belle, mais que je ne mange pas si volontiers à cause des multiples pépins. En Grèce la grenade symbolise la profusion et la richesse, et c'est pourquoi on la rompt sur le seuil de la maison pour le Nouvel An. Jolie tradition qui n'a rien à voir avec Madagascar, mais qui me rappelle Athènes !

Les goyaviers nous ont paru bien chargés, et la récolte qui commence sera fructueuse. J'aime le parfum de la goyave, j'adorais les gros gâteaux fourrés à la confiture de goyave que j'achetais dans une pâtisserie de la rue Victor Hugo à Fort-de-France. Joli souvenir qui n'a rien à voir avec Madagascar !

Peut-être difficiles à identifier sur la photo ci-dessus, les kakis en train de mûrir. Un pur délice qu'on déguste à la cuiller. J'ai aussi en mémoire un souvenir de kaki qui n'a rien à voir avec Madagascar, mais je le garde pour moi !

Cette énorme chose n'est pas le fruit de l'arbre à a pain, avec lequel il a un air de famille, mais le fruit du jacquier. Je suis bien incapable d'en dire plus sur ce sujet...

L'ananas, tout le monde connaît, mais sa saveur sur place est incomparable...

Dernière image, celle d'un pamplemoussier, dont les fruits ne sont pas encore mûrs.

Et puis, un tour dans notre cuisine pour compléter ce panorama des fruits de fin d'été. On y trouve aussi des bananes (il y en a toute l'année), des pommes, des ramboutans (un genre de litchee qu'on mange aussi en Guyane), une papaye...

Voilà de quoi faire rêver ceux qui sortent de l'hiver alors que nous allons y entrer...

lundi 22 mars 2010

Travaux dominicaux

Le long de notre chemin (une randonnée de 16 kms à partir de Ambohidrabibi) quelques rencontres de personnes bien laborieuses pour un dimanche, un jour normalement plutôt consacré à l'église (aux églises) qu'au travail. Mais nécessité fait loi...

Le travail de préparation du sisal qui servira à fabriquer des cordes
:


Le lavage et le battage des broderies sur les bords de la rivière:



Et lui, je sais pas ce qu'il va chercher avec sa brouette, mais il y va avec le sourire... du dimanche